« Veuillez prendre garde à la fermeture automatiques des portes s'il vous plait » C'était le tout dernier wagon. Il était six heures du matin, le train était déjà bondé de provinceaux qui souhaitaient regagner la capitale, laissant pour une journée ou plus leurs chères campagnes. J'étais adossée à la fenêtre du wagon et j'admirais délicieusement les paysages. Il pleuvait. J'aimais la pluie douce et lègère qui faisait caresser les fougères. Plus jeune j'aimais trop la sentir , glisser sur mon visage, en rêvant de très long voyages. Plus jeune également , avec des amis , on rêvait de Paris. A ma droite , un voyageur , discret , terminant sa nuit. Après plus de la moitié du périple, il s'éveilla & me confia précieusement sa valise , jusqu'à son retour. C'était une immense valise. Une valise en cuir, légèrement habimée par le temps, une de ces valises qui a beaucoup voyagé. Je l'ai attendu. J'suis restée assise au même endroit, j'vous jure! Mais il n'est pas revenu ... J'étais en possession d'un bien encombrant qui n'était pas mien. « Terminus, veuillez prendre garde à ne rien oublier dans le train » .
Sur le quai, je l'ai cherché, a droite, a gauche. Il n'est pas revenu. Inconsciemment, j'ai pris cette valise , comme on prend un enfant. Et je l'ai gardée, précieusement , comme il me l'avait confiée quelques heures auparavant . Plusieurs jours passèrent, ceux ci se ressemblèrent. Je regardais longuement à travers la baie vitrée, debout , trépignante d'impatience, va t - il par miracle arriver ? La valise m'intriguait . Espérant tomber sur , un nom , une adresse , une identité , je l'ai finalement ouverte..
La suite plus tard, il se fait tard